25 juillet 2018

Financement des retraites: innover ou mourir!

Dimanche, le Sonntagsblick publiait une étude montrant que 64% des Suisses interrogés sont favorables à une augmentation de la TVA pour financer les retraites. Et ceci seulement quelques mois après avoir rejeté le projet Prévoyance 2020, incluant une augmentation de la TVA.

Outre que la TVA est – dans sa forme actuelle - une taxe inique qui touche indistinctement chaque personne, indépendamment de son revenu (le millionnaire paie autant de TVA, pour le même produit, que celui qui touche une misère mensuelle), accepter une telle mesure serait, de plus, taxer celui qui consomme, qui est par conséquent créateur de croissance et d’emplois.

Vouloir augmenter la TVA – tout comme vouloir augmenter l’âge de la retraite – pour « sauver les retraites » ne reviendrait qu’à reporter le problème un peu plus loin, passer la patate chaude aux générations futures, se sauver soi-même et se dire « après moi, le déluge ». Irresponsable !

Non, nous devons penser à de nouveaux modèles si nous voulons sauver le concept de retraites. Nous ne devons plus utiliser le modèle qui a conduit à la situation actuelle pour vouloir sauver le modèle. Le serpent ne peut se mordre la queue qu’une seule fois. Nous devons absolument innover.

Oui, innover est nécessaire, car simplement penser qu’augmenter l’âge de la retraite (alors que dès 55 ans, il est quasi impossible de retrouver un emploi) serait la panacée, tout comme vouloir augmenter la TVA en pensant que même si les biens et services deviennent plus chers, le niveau de consommation sera identique, c’est malheureusement être bien naïf, en adoptant cette approche « courtermiste » risquée.

Rappelons, pour mémoire, que fraude et évasion fiscale (pourquoi faire encore la différence, d’ailleurs ?) représentent, en Suisse, près de 18 milliards chaque année (estimation 2012). Et rappelons également que l’avocat fiscaliste genevois Philippe Kenel estimait, la même année, que la Suisse se comportait en pays riche. Il disait «si l’administration ne se met pas en quatre pour récupérer l’argent d’éventuelles fraudes fiscales, c’est tout simplement parce qu’elle n’a pas besoin de cet argent contrairement à l’Allemagne, la France ou les Etats-Unis.».

Rien n’a vraiment changé depuis. Dans l’attitude des administrations suisses. Sauf que l’on craint pour nos retraites. Et que l’on propose des pseudos-solutions bien plus faciles à mettre en œuvre que prendre le problème à bras le corps. Tiens, l’Espagne, elle, par exemple, propose de taxer la finance. Une piste en plus, pour nous aussi ?

Olivier Bender

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