7 novembre 2017

Paradise Papers, Tartuferie fiscale

350 milliards cachés par l'évasion fiscale... voilà ce qui ressort, aujourd’hui, des révélations des Paradise Papers.
Et on voulait nous faire gober qu'il fallait absolument augmenter le taux de TVA ou encore monter l’âge de la retraite des femmes pour pouvoir garantir des retraites « décentes » (car encore très limites) à nos rentiers et pérenniser notre système social… sur 5 ans (avant une nouvelle révision obligatoire) ! Que c’était la seule et unique solution !

Oui, 350 milliards soustraits au niveau mondial. Pour la Suisse, les estimations oscillent entre 5 et 20 milliards.

Et contrairement aux « Panama Papers », cette nouvelle enquête concerne moins le blanchiment d’argent sale, issu de la fraude fiscale et d’autres activités illicites (trafics d’armes, d’êtres humains…), que des schémas légaux montés par des bataillons d’experts en optimisation fiscale. L’argent, ici, a le plus souvent été soustrait à l’impôt de façon légale ou aux frontières de la légalité, grâce aux failles du système fiscal international. Et chez nous également, des « experts » de cet acabit sévissent, pas uniquement chez Appleby, société épinglée par ces nouvelles révélations.

Voilà où nous en sommes. Dans un monde ou l’équité fiscale et le partage de l’impôt entre des contribuables qui ont le pouvoir d’y échapper et d’autres qui ne peuvent agir sur leur facture fiscale n’est que chimère. Un monde où les pseudos-tentatives de régulation des Etats n’est qu’un écran de fumée destiné à endormir celui qui se fait gentiment tondre pendant que « trichent » ceux qui pourraient huiler la machine afin de garantir enfin à tous l’accès à la nourriture, aux soins, à l’éducation, à la sécurité… Un monde où ceux qui dirigent, qui font ces lois contournables - par leur génie juridique - sont également ceux qui conseillent, par derrière, leurs clients sur la meilleure manière de ne pas payer leur dû à la société.

Voilà. Aujourd’hui, notre canton du Valais a dû diminuer les déductions fiscales pour frais de maladie, frais professionnels et frais de garde d’enfants (oui, ceux qui ne peuvent agir sur leur facture fiscale). Il a dû baisser les dépenses concernent l’enseignement, la santé, le social et l’économie, en particulier le non-renouvellement sur une période de trois ans de 81.4 postes de travail au sein de l’Etat, en particulier dans l’enseignement.

Et c’est nous qui l’avons décidé, en votant ETS2, «Parce qu’il n’y avait plus d’argent dans la caisse». Quoique, pour des Jeux Olympiques… La ploutocratie est en marche. Et nous l’absolvons, la bouche ouverte (souvenons-nous de la votation sur les forfaits fiscaux). La tartuferie à son acmé !

Olivier Bender,
conseiller communal, Vollèges.

3 commentaires:

  1. MERCI Olivier pour ce coup de gueule salutaire

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  2. Merci Olivier ! Voilà qui change du blabla politiquement correct ordinaire...

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