9 mai 2017

Les lois suisses, du pipeau?

D’abord, quand j’ai lu que La Poste et les CFF encourageaient leurs clients à utiliser Uber, j’ai cru à un gag, genre « poisson d’avril ». Et puis non, il semblerait que ce soit vrai. La Poste et les CFF, ces deux entreprises en mains publiques, se fourvoient réellement en promouvant une société qui, en plus de ne pas payer de charges sociales ni de TVA, foulent au pied nos lois (entre autre, elle contourne l’ordonnance réglant l’admission à la circulation routière et enfreint la réglementation en vigueur sur la durée du travail et du repos) tout ça en connaissance de cause, suite aux nombreux rappels et conflits auquel elle est confrontée.

J’ai quand même dû m’y prendre à deux fois – et recouper les données pour éviter une belle « fake news » grossière – avant de me rendre à l’évidence : nos régies fédérales ont perdu la boule, elles soutiennent vraiment Uber, malgré son statut de hors-la-loi notoire.

Et comment réagissent nos pouvoirs publics pour rappeler Uber à ses obligations? Pour l’instant, je ne vois pas venir grand-chose. Serait-il de même pour une petite société de peinture, par exemple, de l’Entremont qui ne paierait pas ses charges sociales? Et pourtant, cette intervention est extrêmement urgente, déjà uniquement pour donner un signal clair à nos entrepreneurs et leur éviter la tentation de s’ubériser. En effet, moi, entrepreneur, pourquoi ne serais-je pas tenté par ne pas déclarer ma TVA, ne pas payer de charges sociales, ne respecter que les lois qui m’arrangent? Par ne plus engager de personnel, mais uniquement faire miroiter une indépendance fictive à mes travailleurs et travailleuses, les réduisant au statut de « travailleur au noir sur appel » simplement parce que « le monde change, M’sieur-dame! »

Et en plus, par demander aux CFF et à La Poste de faire ma promotion!

Olivier Bender
Conseiller communal à Vollèges

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