12 mars 2017

Deux socialistes au gouvernement, est-ce vraiment un problème?

Les urnes ont parlé dimanche dernier en plaçant - résultat historique - trois candidats démocrates-chrétiens et deux socialistes dans le quinté de tête de la course au Conseil d'Etat.
Depuis, les partis affûtent leurs arguments pour le deuxième tour et les réseaux sociaux bruissent de considérations stratégiques.

Plusieurs personnes se demandent si deux représentants de la gauche au gouvernement ce n'est pas trop. Voici quelques éléments de réponse.

1) D'autres cantons vivent cette réalité au quotidien.
Le canton de Fribourg a trois représentants de la gauche (deux socialistes et une écologiste); la collaboration avec le PDC se passe très bien et Fribourg est souvent cité en exemple pour ses politiques publiques. Le canton de Vaud a réussi à redresser de manière spectaculaire ses finances et à se positionner comme une des régions les plus dynamiques de notre pays avec à sa tête un gouvernement à majorité de gauche. Le duo Broulis-Maillard a prouvé que l'intérêt commun primait au-dessus des étiquettes partisanes.

2) Cette situation est de toute manière provisoire.
Après quatre années "d'affaires Freysinger", le canton doit passer par une phase de transition. Les Valaisannes et les Valaisans rééquilibreront automatiquement cette sorte "d'anomalie" de surreprésentation de la gauche dans quatre ans, une fois la transition effectuée.

3) L'élection au Conseil d'Etat est une élection de personnalité et de compétences.
Nombreux sont ceux qui comprennent mal le système majoritaire en voulant à tout prix y imposer une forme de proportionnalité. Les conseillers d'Etat élus représentent l'ensemble des citoyens du canton et plus uniquement leur famille politique, comme cela est davantage le cas au Grand Conseil.
Nous avons besoin de cinq personnalités capables d'affronter les enjeux importants pour notre canton que sont l'aménagement du territoire, la transition touristique, la réforme des institutions et les défis liés à l'urbanisation de la plaine du Rhône notamment.
Pour cela, il faut choisir les personnalités les plus expérimentées, disposant du meilleur réseau, et laisser de côté, provisoirement, les étiquettes politiques.

4) Faire du renvoi d'Oskar Freysinger une priorité.
Les frasques du ministre ont entaché de manière durable l'image de notre canton à l'extérieur: engagement du survivaliste San Giorgio, affaires Cleusix, conférences dans les milieux d'extrême-droite européens. Il est temps de lui signifier la fin de la récréation.
Les deux candidats socialistes sont, aujourd'hui, ceux qui ont le plus de chance, par l'avance dont ils disposent, de mettre un terme aux fanfaronnades du ministre de Savièse.

5) Les socialistes valaisans sont habitués aux compromis.
Certains ont peur, en élisant deux personnalités de gauche au gouvernement, de faire entrer le loup dans la bergerie. C'est oublier un peu vite que les candidats socialistes sont habitués à travailler en tant que minoritaires depuis de nombreuses années. Ils savent défendre leurs idées, tout en trouvant des compromis acceptables pour l'ensemble de la population.

J. Lovey

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