21 mai 2016

Accord de libre-échange avec la Malaisie: stop à l'huile de palme

Un accord de libre-échange est en cours entre la Suisse et la Malaisie, dans le cadre de l’Association européenne de libre-échange (AELE). Cet accord suscite beaucoup d’inquiétude dans les milieux agricoles et de défense des droits humains qui se mobilisent en faisant signer une pétition qui demande au Conseil fédéral:

  • d’exclure l’huile de palme de l’accord de libre-échange
  • de ne signer cet accord qu’à partir du moment où la Malaisie aura signé les pactes sur les droits de l’homme de l’ONU et reconnu les normes de travail de l’Organisation internationale du travail (OIT).  


Pourquoi l’Union suisse des paysans (USP), la Fédération suisse des producteurs de céréales (FSPC), le syndicat Uniterre, la Fédération romande des consommateurs (FRC), Pain pour le prochain, la Déclaration de Berne et ASK se mobilisent-ils pour que l’huile de palme soit exclue de cet accord de libre-échange ?

  • Pour des raisons de protection de l’environnement : en Malaisie, ce sont des millions d’hectares de forêt tropicale qui sont détruits pour la monoculture de l’huile de palme.
  • Pour des raisons de droits des travailleurs et de droits de l’homme : des violations répétées du droit du travail et du droit des autochtones entourent la production de l’huile de palme. Des milliers de petits paysans sont dépossédés de leurs terres.
  • Pour des raisons économiques : l’accord de libre-échange ratifierait la suppression des droits de douane liés aux importations d’huile de palme. Cette disposition réduirait de moitié le prix de l’huile de palme et exacerberait les ventes en Suisse où elles ont déjà presque quadruplé au cours de ces six dernières années. La production d’huile de colza suisse serait fortement menacée et une épée de Damoclès serait suspendue au-dessus de plus de 7000 hectares de colza helvétique. Cet accord n’aura pour conséquence que de favoriser de rares intérêts industriels exportateurs de notre pays, tout en détruisant des postes de travail dans la filière du colza et en détériorant la qualité de nos aliments. D’immenses efforts ont été consentis par les producteurs de colza pour développer et promouvoir cette huile végétale indigène. Par ailleurs, le colza est important dans la rotation des cultures et contribue aussi à la beauté des paysages suisses avec ses lumineuses fleurs jaunes.
  • Pour des raisons de santé publique : l’huile de palme possède 50% d’acides gras saturés (augmentation des risques d’accidents cardiovasculaires et du diabète), contrairement à l’huile de colza helvétique HOLL, de haute valeur nutritive grâce aux teneurs plus élevées d’acides gras polyinsaturés par rapport aux autres huiles végétales. L’huile de colza est également une source importante de vitamine E et d’Omega 3.


A l’heure où la France vient de décider de prélever, à partir de 2017, un impôt écologique de 90 euros par tonnes sur les importations d’huile de palme de Malaisie, la Confédération serait bien inspirée de ne pas sacrifier la production de colza suisse sur l’autel d’un libéralisme outrancier, irrespectueux de la nature et des hommes.

Bernadette Murisier

La pétition peut être signée sur internet à l’adresse http://www.pro-foret-pluviale.ch

Source : journal Agri du 29 avril 2016

1 commentaire:

  1. Avec le rachat de Monsanto par Bayer de Syngenta par China-chem, l'extraction des Schistes-bitumineux, le traité TAFTA avec les USA et le traité de libre échange avec la Malaisie, nous avons une certitude: Nos descendants n'auront pas besoin d'un nouveau financement de l'AVS, ils n'atteindront certainement jamais l'âge de la retraite !

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