13 juin 2014

Délit de consanguinité II

Je parlais hier, sur cette même page, des problèmes de passation de pouvoir au sein du Front national en France. Si cet exemple était particulièrement emblématique, il n’est pourtant pas un cas isolé.

De l’autre côté de l’Atlantique, nos cousins américains connaissent un phénomène similaire quoique encore plus dérangeant par son ampleur. Lorsqu’en 1989, George Bush père est élu à la présidence des Etats-Unis, peu de politiciens imaginent alors qu’à peine douze ans plus tard le chef suprême de la nation s’appellera George W. Bush, c’est-à-dire bien entendu le fils, car le XXIIe amendement de la Constitution américaine limite le nombre de mandats à deux depuis 1951 (1). La présence des Bush à la tête de l’Etat aurait pu être encore prolongée si en 1993, un certain Bill Clinton, démocrate de l’Arkansas, n’avait délogé le républicain du Massachusetts, le transformant ainsi en one-term president (2), une honte au pays de l’Oncle Sam.

Clinton, dites-vous? Oui, ce nom ne vous est pas étranger, parce qu’en sus d’être celui du président des Etats-Unis de 1993 à 2001, il est également celui d’Hillary Clinton, femme de Bill, ancienne rivale de Barack Obama lors des primaires démocrates, puis secrétaire d’Etat sous le même Obama devenu son ami. On parle beaucoup ces jours d’Hillary qui vient de sortir un livre autobiographique censé être le tremplin pour sa propre campagne à l’investiture démocrate. Cette fois-ci ce n’est plus le fils qui succède au père, mais l’épouse au mari.

A imaginer qu’Hillary soit élue et réélue (ce qui nous mène au terme de son second mandat en 2025), alors seules deux familles auraient gouverné les Etats-Unis en 36 ans, si l’on exclut la parenthèse Obama.

Mais ce n’est pas tout. Ron Paul, sénateur texan et libertarien, qui fut candidat à l’investiture républicaine en 1988, 2008 et 2012 ne sera certes pas candidat en 2016, mais son fils, Rand Paul (3), du Tea Party, devrait logiquement l’être. Comme quoi, si le père n’est pas parvenu à ses fins, les espoirs reposent maintenant sur le fils.

Comprenons bien, il ne s’agit pas ici de dénigrer un engagement politique, ni le fait qu’au sein d’une famille plusieurs membres puissent vibrer du même feu de la chose publique, non, ce qui est par contre regrettable c’est que sur une nation de 313’000’000 d’habitants on ne parvienne pas à trouver d’autres personnes, avec d’autres sensibilités et à casser cette image du pouvoir politique appartenant à une caste et où les postes s’attribuent par cooptation.

L’histoire n’est peut-être pas totalement bouclée, car une rumeur persistante à Washington veut, ces derniers jours, que Michelle Obama se présente aux élections pour le poste de sénatrice de la Caroline du Nord… Son illustre mari a démenti, mais qui sait?

J. Lovey



1. http://mjp.univ-perp.fr/constit/us1787a.htm 
2. http://usgovinfo.about.com/od/thepresidentandcabinet/tp/One-Term-Presidents.htm
3. http://www.paul.senate.gov

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