16 juillet 2013

Assemblée primaire du 27 juin 2013 à Orsières

Présentation du projet de défrichement à la Fouly : de nombreuses questions encore en suspens

M. le Président de la Commune, Jean-François Thétaz, ne cache pas ses intentions lorsqu’il introduit le sujet : « Comme nous ne pouvons plus construire de résidences secondaires, nous devons trouver d’autres débouchés pour la construction ».

Les jalons étant posés, M. Meinrad Coppey prend alors le relais avec enthousiasme, sans toutefois éviter quelques sarcasmes dirigés contre les écologistes et les services de protection de l’environnement, pour présenter le projet de défrichement de 15’000m2 de forêt bourgeoisiale, au lieudit Fin Derrière à l’entrée de La Fouly, en vue de la construction d’un complexe hôtelier.

M. Coppey a expliqué d’une manière assez détaillée les démarches entreprises afin d’obtenir l’autorisation de défrichement par le canton. Il nous a informés que trois études avaient été entreprises dans ce but. La première étude, qui devait prouver la clause du besoin, a été effectuée par la destination Verbier-St-Bernard. Elle arrive à la conclusion que la clause du besoin est bel et bien réalisée et que l’offre, en particulier pour du moyen et haut de gamme, est totalement insuffisante à la Fouly.

C’est le bureau ETUFOR SA à St-Léonard qui a réalisé la deuxième étude portant sur la justification de la localisation du projet. L’expertise conclut que la forêt convoitée est bel et bien le meilleur endroit pour ce méga projet.

La troisième étude porte sur les compensations, inévitables lors d’un défrichement. C’est le bureau BTE à Liddes qui a géré ce dossier et qui a élaboré un savant échange entre d’un côté, le défrichement, et de l’autre, l’entretien et la revitalisation des haies, dans le cadre du réseau agro-environnemental. Ces mesures compensatoires auraient été acceptées par le canton. Le travail d’entretien des haies serait effectué par le service forestier de la Commune. Quant au bois, il semblerait qu’il serait utilisé par la Commune pour le CAD.

M. le Président clôt l’assemblée rapidement, après que lui-même et M. Coppey aient répondu à quelques questions. Et après le défrichement, que se passera-t-il ? De nombreuses questions restent en suspens, auxquelles les autorités communales devront répondre afin que l’assemblée bourgeoisiale puisse voter en toute connaissance de cause pour l’acceptation, ou non, du défrichement :

- A-t-on vraiment besoin de 15'000 m2 pour construire un hôtel ?

- N’y a-t-il pas une autre solution (terrains ou bâtiments privés) ?

- Est-ce que ce sont les investisseurs (apparemment israéliens) qui ont contacté la Commune ou le contraire ?

- Sous quelles conditions financières la transaction aura-t-elle lieu (vente, location ?)

- Que se passera-t-il si les investisseurs font faillite ? Ou si ceux-ci abandonnent l’hôtel après quelques années, faute de rentabilité ou pour toute autre raison ?

- Ce projet s’inscrit-il vraiment dans une démarche de développement durable ?

- Sera-t-il utile pour les générations futures ? A qui profitera-t-il vraiment dans l’immédiat ? A qui portera-t-il préjudice ?

- N’y a-t-il aucun risque que des terrains à bâtir soient dézoné pour compenser l’ouverture de cette zone hôtelière ?

- A-t-on vraiment réfléchi aux conséquences d’un hôtel de luxe sur l’environnement ? Aux nuisances durant les travaux ? Aux infrastructures à mettre en place ?

- Alors que l’on sait que les hôtels valaisans ne présentent un taux d’occupation que de 30%, ce projet est-il bien raisonnable ?

- L’intrusion du service forestier sur des parcelles privées sera-t-elle acceptée par les paysans propriétaires ? Comment la Commune envisage-t-elle à long terme l’entretien des haies, celui-ci étant un travail à recommencer indéfiniment ?

- Est-on prêt à changer radicalement le visage de la petite station familiale de La Fouly ? Voulons-nous abandonner le tourisme doux ?

- Un hôtel de luxe est-il compatible avec l'agriculture, très vivante à la Fouly, dans toute la vallée et sur les alpages ? Ne devait-on pas se préoccuper de l’hôtellerie bien avant que ne tombe la Lex Weber ? (que sont donc devenus les magnifiques hôtels de Ferret et Alpes et Lac de Champex ?)

- Des rumeurs font état de pistes VTT qui seraient envisagées par les investisseurs. Comment conciliera-t-on ce sport avec la présence des nombreux troupeaux de vaches et de moutons paissant sur les alpages ? Et avec les randonneurs qui recherchent paix et tranquillité ?

- Ce défrichement n’est-il pas le début d’une fuite en avant dictée par des investisseurs fortunés et que nous ne pourrons plus maîtriser ?

Une bourgeoise*

*nom connu de la rédaction

1 commentaire:

  1. Ah le bien que cela fait, de sentir qu'il y a des personnes en parfaite adéquation avec les pensées de nombreux citoyen ! La Fouly, ce petit joyau encore préservé de la boulimie de l'argent exposé ! Les nouveaux riches,croyez vous réellement qu'ils vont se contenter d'un hôtel ? A sillonner les stations dites huppées, c'est une pléthore de bars, night clubs, wellness, fitness et autres cabarets qui fleurissent pour assouvir l'ennui existentiel des ces chers millionnaires ! Il est vrai qu'une désalpe comme nous les aimons pourrait être "follement claaaaasse" pour les précieuses en Louboutin......!
    Lorsque nos agriculteurs, qui ont après tant de persévérance, aménagé nos paysages, entretenu nos pâturages se retrouveront face aux exigences d'une clientèle totalement ignorante des priorités paysannes, il sera un peu tard pour réagir! Ne pourrions-nous pas, une fois, être pionnier et privilégier un tourisme familial, un tourisme doux, respectueux des éleveurs et des priorités environnementales ?

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