20 juin 2012

La JDC d'Entremont vous invite à signer une intiative dont le délai est échu depuis une année

Au mois de mars, nous proposions une lecture critique d'un nouveau journal dont le numéro 2 vient de paraître. Un aimable lecteur nous a demandé de faire le même exercice avec ce nouveau numéro. Il s'agit d'un journal distribué en tout-ménage et téléchargeable selon une procédure assez simple.

 Pour son numéro 2 la revue engagée a changé de logo mais pas de ton

La page 1 du président Crognaletti recommande le non à la votation sur l'initiative de l'ASIN au nom des JDC d'Entremont. Si nous avons donné également cette consigne de vote, nous ne partageons pas l'argument central de cet éditorial qui prétend que le citoyen ne peut comprendre des sujets à haute technicité et qu'il faut donc limiter le nombre de votations. Si la JDC estime qu'elle n'est pas capable de se former une opinion sur des sujets compliqués, elle ne doit pas généraliser son ignorance à l'ensemble des citoyens mieux formés.

La page 2 est un appel à signer l'initiative "financer l'avortement est une affaire privée". L'argument tient en une ligne, il est donné en titre "L'avortement, une maladie?" Le raisonnement induit est d'une simplicité éblouissante. Une caisse maladie est faite pour la maladie, or l'avortement n'est pas une maladie, donc il faut sortir l'avortement du catalogue de la caisse maladie. L'étape suivante sera de chasser les avortements des hôpitaux, puisque les hôpitaux sont faits pour soigner.
C'est avec le même raisonnement qu'on a pu décréter. "Une caisse maladie est faite pour la maladie, or les lunettes ne sont pas une maladie, donc il faut sortir les lunettes de la caisse maladie."
Enfin plus sérieusement, si la mineure "l'avortement n'est pas une maladie" est déterminante, alors a fortiori "l'accouchement n'est pas une maladie" et il faudrait également sortir tout ce qui concerne la maternité du catalogue des prestations obligatoires où elle jouit pourtant d'un statut privilégié, en ce qui concerne les franchises et la participation.
Enfin dans ce contexte qui fleure bon l'approche pro-life, on signalera à l'auteur qui admire "ces couples qui doivent subir des traitements lourds afin de pouvoir donner la vie" que ces traitements, y compris les plus légers comme la stimulation ovarienne contredisent déjà les principes de la morale catholique, sans parler de l'insémination qui est fermement condamnée et le transfert d'embryon qui est considéré au même titre que l'avortement. Au nom de son éthique la jeune autrice devrait refuser également les traitements lourds afin de donner la vie. Nous reprendrons cette discussion en temps voulu.
Enfin la formulation de la question : "Accepterons-­nous encore longtemps de fermer les yeux et de permettre à des femmes ou couples de prendre la décision d'ôter la vie à un être humain en toute légalité, tout cela qui plus est financé par l'argent des contribuables?" Démontre bien que cette initiative n'est qu'une première étape pour le démantèlement du droit à l'avortement. Rappelons qu'avec 72,2 % de Oui le peuple suisse a adopté le régime du délai le 2 juin 2002. L'initiative extrémiste "Pour la mère et l'enfant" qui demandait l'interdiction absolue de l'avortement a été balayée avec 81,7 pourcent de non, 67,8% en Valais. La votation a été précédée de 8 ans de débats parlementaires et d'une campagne houleuse. Le papier publié dans cette revue JDC semble avoir été dicté, mais qu'en partie par le MCC.


Précisons néanmoins à l'intention des personnes intéressées à suivre l'appel de la JDC que le délai de signature de l'initiative est échu depuis le 26 juillet 2011!
Elle a recueilli 6239 signatures valables en Valais et 34 non valables



La page 3 donne la parole au régional de l'étape. Le conseiller d'Etat Maurice Tornay y lance un appel aux députés pour qu'ils acceptent en septembre prochain la révision de la loi fiscale. Nous ne doutons pas que les députés tous fervents lecteurs de cette revue y seront sensibles.

En page 4 la JDC donne ses consignes de votes pour les élections fédérales, sans argumenter, mais dans un ordre différent que celui des bulletins, ce qui n'est pas très malin,


C'est probablement parce que cette revue a été distribuée un peu tard et qu'une bonne partie des citoyens avaient déjà exercé leur droit de vote par correspondance que 83% des votants de l'Entremont n'ont pas suivi cette consigne mais celle de notre mouvement.

La conclusion de la revue est laissée à Malvine Moulin qui fait un brillant plaidoyer pour l'écologie, un peu moralisant. Son angle de vue est néanmoins légèrement biaisé quand elle parle du Pédibus dont le concept n'est pas lié à la politique des transports mais émane de la Promotion santé Valais et du Centre alimentation et mouvement.

Enfin on pourra déplorer que cette revue ne soit pas intervenue dans le débat sur la bourgeoisie de Bagnes, probablement pour éviter les sujets qui divisent.

PS: Le titre de ce post a été soigneusement choisi pour attirer l'attention de JYG qui nous ferait très plaisir s'il pouvait en parler dans son bloc-note.

3 commentaires:

  1. Jean-Yves Gabbudmercredi, 20 juin, 2012

    Rassurez-vous, je lis tout ce que vous écrivez attentivement...

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  2. Nous aussi, mais sur ce coup-là, on pensait que le gag pouvait intéresser les lecteurs qui aiment bien le ton légèrement moqueur de votre bloc-note.

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